Quels liens tisser entre les oeuvres ?
Article mis en ligne le 21 novembre 2009
dernière modification le 9 février 2011

Enseigner l’histoire des arts, c’est essentiellement permettre à l’élève d’établir des liens entre des œuvres diverses, tant du point de vue du champ artistique dont elles relèvent, que de leur période de création ou encore de leur origine géographique.

Mais quels liens établir entre ces œuvres, pour permettre à l’élève de construire de réels apprentissages ?
Ils peuvent être de trois ordres :

- thématique (des œuvres "traitant" du même sujet) : si la recherche de supports est sans doute facilitée par de telles entrées, on risquera en revanche d’établir des rapports quelque peu artificiels entre les œuvres. L’articulation chronologique restera par ailleurs à construire.

- chronologique (des œuvres produites au cours de la même période) : même si ce lien peut paraître le plus évident quand on parle d’histoire des arts, il ne permettra pas toujours à l’élève d’établir un rapport de sens entre les productions artistiques. De plus, un double risque se fait jour :
1. l’effacement de la dimension sensible de la rencontre avec l’œuvre , au profit de sa seule analyse historique.
2. le détournement de l’œuvre comme objet d’illustration, plutôt que sa prise en compte dans toutes ses dimensions.

- notionnel (des œuvres partageant une dimension transversale) : la recherche de supports ne sera peut-être pas évidente, et, par ailleurs, la chronologie ne s’imposera pas d’emblée : ce sera donc au maître de la construire en parallèle.
Malgré tout, ce type de relation apportera sans doute beaucoup de richesse et d’intérêt à la mise en réseau des œuvres. Enfin (et surtout) il sera sans doute plus aisé pour l’enseignant d’installer dans la classe des pratiques artistiques mettant en jeu des notions transversales (ex. créer un paysage sonore ou une composition plastique par superposition, sur différents plans). De ce fait, le lien établi par l’élève entre les œuvres aura davantage de chances de « faire sens » à ses yeux.

La synthèse présentée ici propose un cheminement d’une entrée chronologique (le règne de Louis XIV) vers une entrée notionnelle (ordre / désordre), à travers des exemples relevant de champs artistiques divers, et des situations de réception et de production à construire à partir de cette notion.

De la chronologie à la notion